RGPD & Réseaux Sociaux : Article 2 – Instagram, le réseau de l’image

Après avoir examiné les pratiques de Facebook, tournons-nous vers un réseau social plus récent devenu un géant à part entière : Instagram. Propriété de Meta, comme Facebook, la plateforme est aujourd’hui au cœur de notre vie numérique, notamment pour la diffusion de photos, de vidéos et le marketing d’influence avec une estimation de 30 Millions d’utilisateurs mensuels en France.
Mais qu’en est-il de sa conformité au RGPD ? Bien qu’il partage certaines similitudes avec Facebook en raison de leur maison-mère commune, Instagram présente aussi des spécificités qui méritent une attention particulière.

5 points positifs de compatibilité d’Instagram avec le RGPD

 

1. Des paramètres de confidentialité facilement accessibles

Instagram propose des options de gestion de la vie privée relativement claires. Il est possible de rendre son compte privé en un seul clic, ce qui est une fonctionnalité positive en matière de protection par défaut des données.

Pour changer ce paramètre, car par défaut le compte est public, allez sur votre profil (en bas à droite de l’écran), puis allez sur le menu représenté par trois lignes horizontales en haut à droite de votre écran. Cliquez sur Paramètres et confidentialité > Confidentialité du compte.

 

2. Un contrôle des données personnelles

Tout comme sur Facebook, les utilisateurs peuvent télécharger une copie de leurs données, demander leur rectification ou leur suppression. L’accès aux informations collectées est relativement simple via les paramètres de l’application.

C’est comme pour Facebook, il faut accéder à ses paramètres et on peut demander l’export des données sur la totalité de la période d’utilisation ou une période plus courte voir définir une fréquence automatique d’export. Petit bémol : à aujourd’hui ma demande est toujours en cours de traitement (demande de plus de 6 jours..) donc je ferai une mise à jour ultérieurement.

 

3. Une politique de confidentialité unifiée

Le fait qu’Instagram partage la même politique de confidentialité que Facebook peut, d’un certain point de vue, être un avantage. Cela permet une certaine cohérence dans la description des traitements de données au sein d’un même groupe (Meta).

 

4. Le consentement pour l’identification sur les photos

Instagram a mis en place un système de « tags » qui permet aux utilisateurs de contrôler s’ils sont identifiés ou non sur les photos d’autres personnes. C’est un bon exemple de fonctionnalité où le consentement est requis pour le traitement d’une donnée personnelle (l’image de la personne).

 

5. Des outils de signalement et de modération

La plateforme offre des mécanismes clairs pour signaler des contenus inappropriés ou des abus, ce qui contribue à la protection des données et de l’intégrité des personnes.

Un simple clic sur signaler et c’est fait. Pour ma part je ne l’ai jamais utilisé.

5 points négatifs de compatibilité d’Instagram avec le RGPD

 

1. Le partage de données avec le groupe Meta

C’est sans doute le point le plus faible. Instagram partage énormément de données avec les autres services de Meta (Facebook, Messenger, etc.), souvent pour des fins de profilage et de ciblage publicitaire, et ce, sans un consentement suffisamment clair et explicite de l’utilisateur.

 

2. Utilisation pour l’IA

 Comme pour Facebook, Instagram fait partie des plateformes utilisées par Meta pour l’entraînement de ses modèles d’IA, une pratique controversée depuis juin 2025.

 

3. Le traitement des données pour la publicité ciblée

Instagram comme Facebook collecte une quantité massive de données. Les données collectées sur l’utilisateur, y compris les interactions avec les contenus et les « Reels », sont utilisées pour un ciblage publicitaire très fin, souvent sans que le consentement pour ces traitements spécifiques soit réellement « libre et éclairé ».

 

4. Le transfert de données hors de l’UE

Comme pour Facebook, le transfert de données d’utilisateurs européens vers les serveurs aux États-Unis est un point de friction majeur avec les autorités de protection des données européennes.

 

5. La gestion des données des mineurs

 Instagram est très populaire auprès des jeunes, mais la plateforme a été épinglée par le passé pour ne pas avoir suffisamment protégé les données des enfants, notamment en ce qui concerne la facilité pour les adultes d’accéder à leurs profils et d’échanger avec eux. La plateforme a été sanctionnée d’une amende de 405 millions d’euros en septembre 2022 pour avoir exposé publiquement les adresses e-mail et les numéros de téléphone d’adolescents.

 

Conclusion : Le verdict de compatibilité

L’évaluation d’Instagram est indissociable de celle de Facebook, car les deux plateformes partagent la même infrastructure et le même modèle économique. Les efforts en matière de contrôle utilisateur et de clarté des politiques sont là, mais ils sont largement éclipsés par les défis structurels liés à la collecte massive de données pour le profilage publicitaire et les transferts hors de l’UE.

Mon évaluation : 40% de compatibilité avec le RGPD.

Bien qu’Instagram offre des paramètres de confidentialité plus simples en apparence, le partage de données au sein du groupe Meta et le modèle de ciblage publicitaire réduisent sa note de conformité, la plaçant même légèrement en dessous de Facebook en raison de son historique avec les données des mineurs, qui sont nettement plus nombreux sur Instagram que sur Facebook!

 

Rendez-vous dans le prochain article de cette série avec un autre géant des réseaux mais cette fois côté business : LinkedIn