Email Tracking – La mise à jour nécessaire suite à la recommandation de la CNIL du 12 mars 2026

L’ère du flou artistique concernant le traçage des emails est officiellement terminée. Après une phase de consultation intense en 2025, la CNIL a adopté, le 12 mars 2026, sa recommandation officielle concernant les pixels de suivi.

Pour les directions marketing et commerciales, ce texte n’est plus une simple piste de réflexion : c’est la règle du jeu. Si vous utilisez des « pixels invisibles » pour savoir qui ouvre vos emails, voici ce que vous devez impérativement savoir pour rester en conformité.

1. Le principe juridique : L’équipement terminal est protégé

La CNIL confirme que l’insertion d’un pixel (image de 1×1) dans un courriel constitue une opération « d’accès ou d’inscription d’informations » dans le terminal de l’utilisateur (smartphone, ordinateur).
• Conséquence : L’article 82 de la Loi Informatique et Libertés s’applique.
• La règle : Le consentement préalable est obligatoire avant toute lecture ou écriture, sauf exceptions très limitées.

2.Ce qui change avec la Recommandation du 12 mars 2026

Contrairement aux idées reçues, la CNIL ne bannit pas les pixels, mais elle encadre strictement leur finalité :

  • Le traçage individuel = Consentement obligatoire. Si vous voulez savoir que « M. Durand a ouvert votre email à 10h22 », vous devez avoir obtenu son accord explicite, libre, spécifique et éclairé.
  • La délivrabilité et l’audience agrégée : La recommandation apporte des nuances sur les statistiques purement anonymes et globales, mais dès que la donnée est liée à une adresse email ou un identifiant client, le consentement redevient la norme.
  • La responsabilité du donneur d’ordre : Le texte précise que l’utilisation d’une plateforme d’emailing (SaaS) ne vous dédouane pas. Vous êtes responsable des traceurs déposés par vos prestataires.

 

3.Focus : Le « délai de grâce » de 3 mois pour vos bases actuelles

C’est l’un des points majeurs de la version du 12 mars 2026 :

Pour les adresses électroniques déjà collectées avant la publication, les entreprises disposent d’un délai maximal de 3 mois pour :

  1. Délivrer une information claire et accessible aux destinataires.
  2. Mettre les personnes en capacité de s’opposer à ces opérations pour les courriels futurs si le consentement n’avait pas été recueilli selon les nouvelles modalités.

 

  1. Conclusion : Un levier de confiance

La CNIL rappelle que l’email est un espace privé. En respectant cette recommandation, vous ne faites pas que de la conformité : vous protégez la relation client. Les entreprises qui persisteront dans le traçage « furtif » s’exposent désormais à des sanctions simplifiées.

Sources : * Recommandation de la CNIL du 12 mars 2026 relative aux pixels de suivi.

lien vers le site de la CNIL : https://www.cnil.fr/fr/pixels-de-suivi-dans-les-courriers-electroniques-vous-devez-etre-mieux-informes

  • Lignes directrices 2/2023 du CEPD sur l’article 5(3) de la directive ePrivacy.
  • Article 82 de la loi Informatique et Libertés.